L’Algérie accuse un grand retard dans la construction d’une économie de la connaissance. Telle est l’une des conclusions du séminaire sur la question organisé par le Cnes.En dépit des efforts consentis par les pouvoirs publics, le climat des affaires ne connaît toujours pas d’amélioration en Algérie. Les conditions ne sont pas encore totalement réunies pour faire du business dans notre pays. Les réformes introduites çà et là n’ont pas contribué à l’attrait des investisseurs étrangers. Il n’est un secret pour personne, surtout pas pour les experts de la Banque mondiale (BM), l’Algérie ne répond pas aux critères requis encourageant la concrétisation des investissements. Il n’est de ce fait pas un hasard si les consultants de la BM classent notre pays à la 132e place pour l’exercice 2009 sur listing de 181 pays réformateurs. L’Algérie a perdu encore deux places en comparaison à 2008. Le classement qui, faut-il le préciser, se fait une année à l’avance, est réalisé sur la base de 10 indicateurs d’évaluation. L’on peut citer, création d’entreprise, obtention de crédit, protection de l’investissement, paiement des impôts, fermeture des entreprises… L’ensemble de ces signaux résument en fait le modèle propre à la BM, appelé communément le “Doing business”. La meilleure place obtenue par notre pays, soit la 49e, il l’a eue paradoxalement pour… la fermeture d’entreprises ! Le climat des affaires est encore en deçà des attentes, relève un des représentants de la BM. Seules les nouvelles économies fondées sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) et l’innovation ont été gratifiées d’une place honorable au classement. En effet, il est constaté qu’il existe une interdépendance entre TIC et climat des affaires. Cette évaluation du monde du business en Algérie se veut l’un des éléments révélateurs d’une économie fondée sur la connaissance (EFC). L’intérêt porté à l’EFC est intimement lié à l’importance des activités de recherche et d’éducation dans l’économie mondiale. Cette augmentation de l’intensité en connaissances cible aussi les TIC. “L’EFC se définit comme un stade du capitalisme où se généraliserait un modèle productif particulier organisé autour de complémentarités organisationnelles et technologiques entre les TIC, le capital humain des agents capables d’utiliser ces technologies…”, explique-t-on. Le Conseil national économique et social (Cnes) s’est ainsi approprié cette démarche. Après le symposium tenue en septembre 2007, il a créé à son niveau un comité ad hoc qui s’est chargé de faire un état des lieux des 4 secteurs jugés indispensables pour la mise en forme à l’avenir d’une économie fondée sur la connaissance. Il s’agit des TIC, climat des affaires, créativité et innovation, éducation et recherche scientifique. Les membres du comité ad hoc ont présenté leurs travaux à l’occasion d’un atelier tenu hier au Palais des nations. Le président du Cnes a, à ce propos, annoncé la mise en place prochainement d’un système national d’évaluation des politiques publiques dédié à l’EFC. Le but recherché est de familiariser tous les acteurs avec les indicateurs et les statistiques d’évaluation des politiques publiques. Le travail fourni par le comité a été qualifié de lucide, important et profond par les experts de l’Institut de la BM. Au cours de son intervention, le ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, M. Abdelhamid Bessalah, a relevé un certain nombre de dysfonctionnement liés à son secteur. Il a cité l’opération Ousratic qui n’a pas enregistré de résultats probants puisque seulement 50 000 personnes sont concernées. Le ministre déplore le nombre décroissant des fournisseurs d’accès actif à Internet qui est passé de 76 à 25. Le marché des TIC ne représente, selon lui, que 3,38% du produit intérieur brut (PIB) alors que le nombre de personnes employées dans le secteur des télécommunications est estimé à seulement 1,18% de la population active, soit environ 102 000 personnes. M. Bessalah a indiqué, par ailleurs, que le nombre d’abonnés pour le téléphone fixe et mobile avoisine les 31,66 millions jusqu’à mars 2008 contre 1,4 million en 2000. Le taux de pénétration est de l’ordre de 92,6%, dont 82% pour le mobile et 10% pour le fixe. Le chiffre d’affaires réalisé par les opérateurs en téléphonie mobile est de 125 milliards de DA pour Djezzy, 40 milliards de DA pour Wataniya et de 25 milliards de DA pour Mobilis. |