| La croix et le croissant de lune | Postée par : sofiane Date : 24/09/2008 Ecrit par :
Moncef Wafi
Source : www.lequotidien-oran.com
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Entre les déclarations encenseuses de la secrétaire d'Etataméricaine, de passage sur le tarmac de l'aéroport international d'Alger, àpropos de la lutte antiterroriste et le dernier rapport annuel du départementd'Etat américain sur les libertés religieuses, il y a ce qu'on peut qualifierde grand écart. En effet, Washington, la puritaine, dont on connaît lafrilosité devant tout ce qui touche aux libertés individuelles et aux pratiquesreligieuses, et notamment chrétienne et juive, vient de tirer sur Alger pournon-respect des libertés de culte.
« La politique du gouvernement, aussi bien de jure que defacto, a provoqué un déclin du statut des libertés religieuses pendant lapériode sous revue », pour paraphraser les rédacteurs du rapport. Et l'on sesurprend à s'interroger sur les tenants et les aboutissants d'une telle chargeà la hussarde. Influencé certainement par un lobbying exercé par desassociations chrétiennes auprès du Congrès américain et un battage médiatique àsens unique, le rapport appuie sur l'incapacité toute algérienne d'expliquerdes lois mises en circulation.
Passés maîtres dans l'art de la réprimande, les Américainsse basent sur la loi de février dernier qui, officiellement, réglemente lapratique du culte en Algérie. Loin de constituer une violation aux libertésindividuelles, même si le pays n'est pas exempt de tout reproche sur cechapitre, ladite loi vient mettre de l'ordre dans l'exercice religieux, sujet àdes interprétations aussi bien personnelles, claniques que répondant à desdesseins de stratégie politique tant interne qu'externe. Le seul tort del'Algérie, c'est la surmédiatisation des procès pourprosélytisme intentés contre des citoyens convertis au christianisme, conjuguéà la maladresse éprouvée de l'Etat à communiquer pour éviter tout amalgame. Enl'espace de deux procès et de plusieurs ajournements, c'est l'image du pays quis'est retrouvée au banc des accusés pour répondre d'accusations aussi gravesque légères. La réponse du ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, bien qu'épidermique, se veut une réponse claire etsans fioriture aux accusations américaines. BouabdellahGhlamallah les qualifiera ni plus ni moins d'«allégation mensongère visant à porter atteinte à l'Algérie ».
Le ministre apportera un autre élément de réponse enfaisant observer que les Etats-Unis refusent à tout prédicateur islamiqued'entrer sur son territoire. Un argument de taille soutenu par les zonesd'ombre que traînent les évangélistes « chassant » sur les terres algériennes, alorsque les églises catholique et protestante se sont démarquées d'eux.
Cependant, ce qu'on peut reprocher à l'Etat algérien, c'estson peu d'aptitude à se projeter en avant pour parer les mauvais coups. Ilétait clair que la campagne menée par les évangélistes, soutenue par une presseconvaincue, allait impérativement déboucher sur une situation pareille, et l'onn'a rien tenté pour y remédier.
Fidèle à ses règles de conduite, Washington continue ainside souffler le chaud lorsqu'il en ressent le besoin, et le froid à la premièreoccasion sur Alger, histoire de la rappeler à l'ordre... américain.
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