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ARTICLES - Tiaret ET SA REGION
Tiaret - Allutem
Tlemcen Peut-on résorber un bidonville ?
Postée par : sofiane
Date : 19/01/2008
Ecrit par : Sid Ahmed Cheloufi
Source : www.lequotidien-oran.com
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Au début de l'Indépendance, il y avait un seul bidonville à Tlemcen, c'est celui de Ghirane Boudghène, ce bidonville légué par la colonisation, allant des hauteurs de Sidi Chaker aux confins des ruines de Mansourah, en contrebas du plateau de Lalla Setti, qui a sa «Promenade des Anglais» avec une superbe vue sur le grand Tlemcen, où le béton a dévoré le croissant fertile qui allait de Imama à Ouzidane, sans oublier Bab El-Akba et Safsaf. Depuis l'adoption des plans triennal, premier quadriennal, deuxième quadriennal, le Programme spécial de feu Houari Boumediène, une course effrénée a été menée entre les pouvoirs publics qui construisaient et édifiaient des écoles, des CEM, des lycées, des polycliniques, et les auto-constructeurs «sauvages» qui s'implantaient à Boudghène, Koudia, El-Massala (Ouzidane), mettant l'autorité publique devant le fait accompli. Ce cercle vicieux des constructions sauvages a freiné le développement local de toutes les villes d'Algérie, asphyxiées par le manque d'espace, ce qui obligeait les décideurs à chercher en vain un terrain d'assiette dans des POS (plan d'occupation du sol) ou des PDAU (plan d'aménagement urbain), souvent dépassés par la réalité du terrain. La nature ayant horreur du vide, les décideurs se sont évertués à dénicher des enclaves dans les villes pour implanter leurs projets socio-éducatifs et culturels. Le cas du développement de la ville de Tlemcen est un cas typique d'une vieille médina historique avec ses remparts et ses cinq portes, qu'il fallait préserver en tant que monument historique et bâtir une nouvelle ville moderne avec ses axes, son centre-ville et ses dépendances, à l'exemple de Fez (Maroc) et de Tunis. Beaucoup de bonnes volontés ont amélioré le quartier de Boudghène, et ce grâce à la voie qui a pu être dégagée de Sidi Chaker à Mansourah, et aussi grâce, il faut le reconnaître, à la construction d'écoles, de CEM, de lycées, à l'exemple du lycée technique Faradj, de commerces et d'un souk bien achalandé mais fonctionnant dans des étalages précaires, mitoyen avec un petit stade de proximité qui a donné naissance au CR Boudghène, cette équipe qui a enfanté l'avant-centre du WAT Brahimi, au temps où l'équipe de Tlemcen décrochait la Coupe arabe... Ce jeune joueur de Boudghène a fait partie de l'équipe nationale des années 1990 et a marqué un joli but contre le Ghana. L'exemple de cet ancien bidonville est à méditer, car si ce quartier s'améliore, c'est grâce à ses habitants, organisés en société civile et défendant leurs droits devant les institutions publiques qui écoutent leurs doléances. Le deuxième bidonville est celui de Koudia, situé au bord de la RN 22 menant vers Oran. Là, les décideurs ont pris le taureau par les cornes en brisant la roche pour créer des espaces permettant la réalisation de cités d'habitation HLM, comme la cité en face de la gendarmerie, un commissariat de police de proximité, des écoles primaires et des CEM. J'ai été émerveillé de voir de près le futur CEM en finition, un B5 (600 élèves), dont la façade, avec une coupole pyramidale et dans le style arabo-mauresque, contraste avec les constructions éparpillées au-dessus de la colline où trône le réservoir d'eau de l'ADE. Cet édifice, conçu par l'architecte Bendiouis (bureau d'étude Atlas), rappelle le Centre national de l'artisanat situé à Imama, commune de Mansourah, où son architecture à mosaïque et tuiles vertes donne un visage souriant devant les cités dortoirs de 600 et 700 logements ! Chaque ville ou agglomération de la wilaya possède son «champignon», que les urbanistes appellent bidonville. Tlemcen, en tant que chef-lieu de wilaya, est ceinturée par ces quartiers qui poussent et grandissent très vite, si le mal n'est pas attaqué dès son apparition, c'est-à-dire arrêter toute construction anarchique sans pitié et sans complaisance. Il y va de l'avenir de nos cités et le phénomène de Boudghène, hérité de la colonisation, Koudia, El-Matmor (Maghnia), Sidi Zouaoui (Ouled Mimoun), Oued Namous (Remchi), des bidonvilles nés de la «ruralisation» de familles entières qui ont choisi la vie citadine avec ses problèmes pour fuir leurs terres et leurs biens pendant deux périodes de l'histoire du pays: la guerre de libération nationale et la décennie rouge. La solution pour éradiquer ce phénomène national, qui mine tout investissement durable et tout développement socio-économique et culturel conséquent, c'est de développer simultanément la campagne et la ville. Les nouveaux élus des 53 APC et de l'APW doivent avoir comme objectif primordial la résorption du chômage et du sous-emploi qui facilitent le transfert des populations des régions déshéritées vers les centres urbains, où les jeunes croient trouver facilement du travail et un logement décent. L'exemple de l'édification d'écoles, de CEM, pourquoi pas de lycées, de polyclinique, d'activités commerciales et artisanales, pourrait être une solution urgente pour améliorer la vie quotidienne de ces gens qui ont été contraints d'habiter un bidonville, qui, malgré tous les aménagements, reste un habitat précaire. La construction du CEM de Koudia dans sa version arabo-mauresque, de son petit stade de proximité, avec sa belle cour étoilée avec du béton poreux multicolore, nous encourage à être optimiste, à condition que la population du quartier de Koudia préserve cet acquis qui a coûté plus de dix milliards de centimes. Les enfants qui seront scolarisés dans ce «bijou» de l'Education vont nous promettre des résultats qui encourageront nos décideurs à d'autres réalisations de ce genre.

 
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