 L'isolement international du Honduras se confirme avec la condamnation par l'ONU du « coup d'Etat » qui a renversé le président Manuel Zelaya dont les partisans, comme les adversaires attendent le retour qu'il a annoncé pour aujourd'hui.
Ses partisans et ses adversaires ont manifesté par milliers hier dans les rues de la capitale pour répondre aux manifestations rivales qui ont eu lieu mardi et qui se sont dispersées sans incidents, malgré la tension dans chaque camp. Dans la soirée cependant, une grenade a été lancée par des inconnus, sans exploser, contre les locaux de la Cour suprême, à l'origine de l'ordre d'arrestation qui a conduit à l'expulsion de M. Zelaya. Lundi, des affrontements entre des partisans de M. Zelaya et l'armée dans la capitale avaient fait 18 blessés chez les militaires, selon l'armée, et 276 parmi les manifestants, selon leurs organisations. Le bras de fer entre les autorités qui ont pris le pouvoir au Honduras et la communauté internationale s'est encore durci, mardi, avec la condamnation par l'ONU du « coup d'Etat » contre M. Zelaya, dont elle a exigé le rétablissement dans ses fonctions. M. Zelaya a répété, selon l'AFP qui a rapporté l'information, son intention de revenir jeudi au Honduras, déclarant qu'il ne briguera pas un second mandat, se disant confiant dans l'allégeance de l'armée, a-t-il affirmé. A Tegucigalpa, le nouveau chef de l'Etat désigné, Roberto Micheletti, a répété qu'il n'y avait pas eu de « coup d'Etat » et le procureur général, Luis Alberto Rubia, a confirmé que M. Zelaya serait arrêté « immédiatement » en cas de retour au pays. Il est poursuivi pour dix-huit crimes dont « haute trahison », « corruption » et « usurpation de fonctions », a précisé le procureur général. Le couvre-feu, qui devait être levé mardi, a été prolongé jusqu'à la fin de la semaine. L'isolement du pays risque de s'aggraver au-delà des vols commerciaux supprimés en raison du couvre-feu. La Banque mondiale a coupé les lignes de crédit du Honduras, a annoncé la chaîne de télévision CNN, et les pays du Système d'intégration centraméricaine (Sica) ont annoncé la suspension de leurs relations commerciales et rappelé leurs ambassadeurs. Ceux de l'Union européenne devraient suivre, « pour consultation ». C'est « urgent et nécessaire », a jugé le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos. Au pouvoir depuis 2006, le président hondurien a été renversé pour avoir tenté d'organiser une consultation populaire ouvrant la voie à une possible réélection, un scrutin jugé illégal par la Cour suprême. Attendu mercredi à Washington, il devrait « probablement » rencontrer des responsables du département d'Etat américain, mais aucun entretien avec le président Barack Obama n'est prévu, a indiqué la Maison-Blanche. Les Etats-Unis ont toujours des installations militaires au Honduras, un pays pauvre de 7,5 millions d'habitants, utilisé comme base contre la guérilla d'Amérique centrale dans les années 1980. Le net virage à gauche de M. Zelaya après son élection fin 2005 comme candidat libéral a hérissé une partie de la société hondurienne conservatrice. L'ultimatum de l'OEAL'Assemblée générale de l'Organisation des Etats américains (OEA) a donné hier 72 heures au Honduras pour rétablir à la présidence du pays Manuel Zelaya, destitué dimanche par un coup d'Etat militaire. Dans une résolution adoptée mercredi, l'OEA prévient que le Honduras sera exclu de l'Organisation si le président Zelaya n'est pas « rétabli dans ses fonctions » (...) « dans les 72 heures ». Le président hondurien, Manuel Zelaya, au pouvoir depuis 2006, a été destitué dimanche pour avoir tenté d'organiser une consultation populaire ouvrant la voie à une possible réélection, un scrutin jugé illégal par la Cour suprême. Des militaires l'ont arrêté au saut du lit et expulsé vers le Costa Rica. Roberto Micheletti a été désigné comme président intérimaire à la place de M. Zelaya, qui a obtenu mardi le soutien de l'Assemblée générale de l'ONU devant laquelle il s'était exprimé. « Les Etats-Unis m'appuient dans ma démarche de retourner au Honduras », a déclaré mardi le président déchu, sans plus de précisions. Le procureur général du Honduras, Luis Alberto Rubi, a annoncé mardi depuis Tegucigalpa, la capitale du pays, que M. Zelaya serait « immédiatement » arrêté s'il revenait au Honduras, où il est accusé de dix-huit crimes ou délits, dont ceux de « trahison » et d'« usurpation de fonctions ».
|