| LES SOCIETES COOPERATIVES DANS LA REGION DE BONE | Postée par : y_boudghene Date : 14/05/2008 Ecrit par : Madiana DELAYE-LASTRAJOLI Source : http://www.alger-roi.net/sommaire/sommaire.htm
|   
| -De la prise de sa Casbah en 1850, la ville, étouffée dans ses remparts et minée par la malaria, changea très peu. Les relations maritimes étaient rares et incertaines vu l'absence d'un mouillage sûr. Celles par la terre avec les provinces de Constantine, d'Alger, et la Tunisie étaient inexistantes faute de routes et de sécurité. Les marais couvraient la plaine jusqu'aux remparts... BÔNE, ville militaire, subsistait grâce à sa garnison importante. En effet, pendant la guerre de Crimée, BÔNE, de par sa position naturelle, devint la "porte de l'Orient", le point de concentration des troupes françaises, du matériel, du ravitaillement. Mais tout s'arrêta brusquement avec la fin de cette guerre.
LES MINES
Un événement la tira alors de sa torpeur : ce fut l'exploitation des gisements de fer d'AIN-MOKRA. Une puissante société française, créée spécialement, la "Compagnie des minerais de fer magnétiques du MOKTA EL HADID", obtint la concession et commença immédiatement l'extraction. Un nombreux personnel fut occupé à la mine, à la construction et à l'exploitation du chemin de fer amenant le minerai au port de BONE. La voie ferrée BÔNE-GUELMA, annoncée en 1875, fut prolongée de DUVIVIER jusqu'à SOUK-ARHAS et la frontière tunisienne, puis jusqu'à TEBESSA. Le port fut aménagé : petite darse, puis de 1890 à 1900, la grande darse, la jetée du Lion, l'avant-port. Cependant, le gisement de MOKTA s'épuisait... plus exactement, l'extraction effectuée de plus en plus profondément, devenait onéreuse. La Cie arrêta complètement son activité. Un autre gisement fut alors mis en exploitation : le phosphate. Mais celui-ci était moins important, et la ville ne retrouva pas la prospérité que lui avait donnée le " MOKTA ".
L'AGRICULTURE
Dans la plaine, l'agriculture passait par une crise très grave. Les villages, les fermes dépérissaient, se vidaient. Le paludisme sévissait : les eaux stagnantes du marais du FETZARA le rendaient redoutable. La sécheresse, alternant avec les inondations, réduisaient les récoltes qui se vendaient mal. L'élevage, empirique, était sans défense contre les épidémies. Les agriculteurs avaient mis leur espoir dans le vignoble, péniblement créé sur les encouragements gouvernementaux : le phylloxéra, le mildiou et surtout la crise vinicole, les frappèrent durement. C'est alors que quelques capitaux métropolitains échappés au krachs financiers de l'Union générale et de Panama vinrent s'investir. Ainsi furent créés les grands domaines : MONVILLE, GUEBAR, CHAPEAU DE GENDARME, La LORRAINE, BENGIN, DARHOUSSA, SAINT PAUL, GAzAN... BÔNE exporta des vins et aussi les céréales et les moutons des régions de TEBESSA, KHENCHELA, AÏN-BEIDA, qui furent plus tard détournés sur PHILIPPEVILLE. Survint alors la guerre de 1914-18. Le port connut à nouveau une grande activité comme point de concentration des convois de navires transportant troupes et armements des armées d'Orient. Mais au lendemain même de l'armistice, à partir de 1920, une véritable résurrection économique de la ville et des campagnes se produisit dans tous les domaines de l'activité. L'exploitation intensive des mines de 1'OUENZA et du KOUIF reprit, entraînant la réfection, puis l'électrification des voies ferrées, le transport et la mise en état sur le carreau des mines, de puissantes machines et, à BÔNE même, sur les quais, l'installation de moyens d'embarquement accélérés. Le trafic du port s'éleva alors rapidement classant BÔNE premier port exportateur d'Algérie et premier port minier de la Méditerranée.
Un atout important : "la COOPERATION" Coopérative agricole
Mais le principal élément et le plus stable de la prospérité économique de BÔNE, fut le remarquable développement de la plaine. La période 1920-1939 demeurera dans les annales de l'Est algérien comme celle de la prospérité par l'agriculture. Deux modes d'exploitation se conjuguèrent : petite et moyenne cultures par la coopération : grande culture par le capitalisme privé ou sous forme de sociétés anonymes. Les oléiculteurs d'abord, puis les planteurs de tabac sentirent la nécessité de s'unir pour demander aux pouvoirs publics de s'intéresser à eux... mais ils comprirent rapidement qu'ils devaient commencer par s'entraider avant de demander aide à l'administration ! Quatre hommes se rencontrèrent pour coordonner, discipliner et donner l'impulsion nécessaire : MM. Mihoub BENYACOUB, Laurent SAUNIER, Joseph SERDA et Charles MUNCK qui fut le 1e` Président de "l'Union agricole de BÔNE" créée en 1919. Les débuts furent pénibles, l'Union ne disposait ni de capitaux, ni de crédits, et les agriculteurs français et musulmans étaient dans leur ensemble encore trop individualistes et rebelles à la mutualité et à la coopération. Il fallut la foi tenace, la volonté sans cesse tendue des dirigeants pour amener quelques planteurs à s'organiser, à créer des Docks coopératifs à MONDOVI, afin de traiter en commun, avec la. Régie française, au lieu de vendre séparément leur tabac.
LE TABAC
Le 17 février 1921, fut ainsi créé la "TABACOOP" par la fusion des "Docks coopératifs" et de la "Société des Planteurs". L'unité d'action fut encore renforcée par la transformation en avril 1921, de l'Union agricole de BÔNE en "Union agricole de l'Est", association syndicale professionnelle. Entre toutes les cultures, le tabac offrit le meilleur champ d'application à la coopération, parce qu'il est une culture familiale traditionnelle : 1 kg de tabac représentait une journée de travail et faisait vivre 100 000 personnes. En 1955, on comptait 6 500 sociétaires qui livraient chaque année la production de 18 000 hectares. Conseil d'administration TABACOOP Président : MUNCK Charles Vice-Présidents : VERNEDE Henri, BENYACOUB Mohammed Secrétaire : AUGERAUD Elie Trésorier : GIULIANO Edouard Administrateurs : AILLOUD Gabriel ,BENDJEDDOU Mohammed, BENHAMANA Saddek, BENOUHIBA Amob, BERTAGNA Roland, BERTRAND-CADI Robert ,BEY-LAGOUN Mohammed,BEZZINA Paul, BORG François, BOUTALEB Hocine, CHERIFI Cherif, HAMAMI Ahmed, LACOUME François, LAID Abdallah, LAOUABDIA Sellami, MAYER René, OLLIVIER Auguste, POGGI François, SERDA Augustin, TAHRAOUI Mohammed, VIRICEL Jean,
LA TOMATE
La tomate, plante essentiellement méditerranéenne était cultivée depuis toujours dans la région de BONE mais uniquement pour satisfaire aux besoins locaux. Alors que dans la région d'Alger, les maraîchers mahonnais avaient introduit la culture de la tomate primeur ou tardive destinée à être exportée, les agriculteurs bônois ne cultivaient qu'une seule variété sur de petites superficies. La "TOMACOOP" fut donc créée en 1922 afin de réaliser du concentré de tomates. Elle eut des débuts pénibles, connaissant des années d'insuccès dû au fait que les tomates venant à maturité en saison estivale, leur concentration demandait à l'époque des techniciens avertis ! De plus, la recherche d'une seule variété industrielle, riche en extrait sec et peu sensible aux maladies, était difficile et d'ailleurs pas encore résolue... Enfin, une fois le concentré mis en boîte, il fallait le vendre et vaincre ce préjugé qui voulait que la conserve italienne, implantée depuis quelque temps déjà, était d'une qualité supérieure... Mais l'opiniâtreté finit par l'emporter, et progressivement, on vit les superficies consacrées à la culture de la tomate passer de 200 ha en 1924 à environ 1 600 ha en 1955. L'automatisme de la fabrication s'améliora et la qualité se diversifia. On connût ainsi les concentrés "CIRTA", "Reine de l'été",,puis les boîtes de tomates entières pelées. Conseil d'administration TOMACOOP Président : THOLANCE Jean Administrateurs : BELDI Mohammed, BENYACOUB Abdelmajid, BORG François, BRAIA Mohammed, CALLEJA Bernard, GATT Antoine, GERMAIN Didier, GUECHE Mohieddine, GIULIANO Edouard , JOANNON Maurice, KADRI Nouri, LIGNIER Louis, MUNCK Georges, ROVILLAIN René.
LE COTON
Cette plante n'était pas spontanée en Algérie. Le coton était venu d'Asie depuis des millénaires puisque les Romains le connaissaient et que les Turcs le cultivèrent, de même que le lin aux XVème et XVIème siècles. Les Français le trouvèrent comme plante d'ornement et même à l'état sauvage dans les marais. Comme l'alfa et le tabac, le coton exige une nombreuse main d'ceuvre et à bon marché, qui ne peut se trouver que dans la petite exploitation familiale. Soulignons en passant, que l'Algérie n'utilisait pas "d'esclaves" comme les Etats-Unis... Par ailleurs, l'impératif était d'en assurer l'écoulement. Alors qu'aux Etats-Unis et en Egypte, c'est en fait les gouvernements qui achètent toutes les récoltes, l'administration française n'avait jamais réalisé un tel débouché. Et c'est ce que les associations agricoles ont tenté et réussi, grâce à la comprehension des industriels de la métropole, de l'assemblée algérienne, et aussi de l'administration française enfin convaincue. Dans le département de Constantine, il y eut deux régions de culture bien distinctes : la région de BÔNE et celle d'EL-ARROUCH. Dans la 1è, la culture s'est effectuée sur les terres fortes de la plaine, ainsi que dans les terres basses ou légèrement chlorurées, se substituant alors peu à peu à celle du tabac. Dans la 2nde, la culture s'est développée sur les terres noires ou compactes, le coton remplaçant de plus en plus les cultures de légumineuses, en nette régression. L'expérimentation et la sélection étaient effectuées à la "station expérimentale du "BOU-HAMRA", par les techniciens du gouvernement général de l'Algérie et les génétistes de l'I.R.C.T. (Institut de Recherches cotonnières et textiles) ainsi que par la coopérative cotonnière. En 1955, on créa encore une nouvelle station d'expérimentation près de DUZERVILLE, en plein centre des champs de coton. La qualité de la fibre était excellente et pouvait remplacer en filature les cotons américains. En outre, la graine contient environ 20 % d'huile, qui, traitée sur place constitua un apport intéressant dans l'économie algérienne : les tourteaux servaient à la consommation du cheptel (N.D.L.R., moins dangereux que les farines animales... ). Par la suite, l'initiative de grouper sur le plan industriel et commercial l'intégralité des planteurs de coton en Algérie, est partie de BÔNE. La coopérative cotonnière "COTOCOOP" disposa ainsi de 3 usines : BÔNE, ORLEANSVILLE et ST DENIS DU SIG. L'usine d'égrenage de BONE fut cependant celle qui connut le développement le plus spectaculaire, avec un équipement des plus modernes. En 1955, l'Algérie exportait vers la France : 5 000 tonnes par an, alors que la France en consommait 265 000. Le CONGO et l'AOF exportaient alors 40 000 tonnes. Chaque kilo de coton produit dans ses colonies, permettait à la France une économie de près d'un dollar, ce qui n'était pas négligeable pour la balance commerciale française. Les filateurs du Nord, de l'Est et de Normandie s'intéressèrent alors à cette production, et en octobre 1953, un important groupe de responsables vint visiter les champs et les installations de la coopérative cotonnière de BONE. Encouragé par cette évolution, le syndicat national de la Filature française signa alors une convention avec la coopérative cotonnière. Le développement de cette culture était donc en bonne voie... Conseil d'administration COTOCOOP Président : MUNCK Charles Administrateurs : ABDI dit LABIDI BENDJEDDOU Mohammed, BENOZENE Abdelkader, BEY-LAGOUN Abdelmajid Administrateurs : BOUDJEMAH Mohammed, BENYACOUB Mohammed , BREYSSE Gilbert, BRUCKER Marcel, CALLEJA Bernard, FONDECAVE Laurent ,GIULIANO Edouard, HARBI Brahim, LIGNIER Eugène, MARMET Désiré, MUNCK Georges, PAPALIA Hubert, PELLARIN Armand, VERNEDE Henri, VIRICEL Jean.
L'AGRICULTURE
Les cultures de blé et d'orge allaient bon train. Dès 1920, les dirigeants des associations agricoles comprirent la nécessité d'édifier des "Docks-silos" à proximité des centres d'importation et d'exportation. BONE était le débouché pour l'Est algérien, des territoires céréalifères de GUELMA, SEDRATA, TEBESSA. Le Président Laurent Saunier parcourut inlassablement et pendant des années, la région, pour convaincre les producteurs. Enfin, en 1934, les Docks-silos s'élevaient sur les terre-pleins de la chambre de commerce, à proximité des quais de la grande darse. Leur capacité de 30 000 quintaux au départ fut rapidement portée à 110 000. Au cours de l'année 1954, les Docks-silos ont stocké les quantités suivantes : 179 000 quintaux de céréales, dont 126 000 de blés durs et tendres, et 53 000 d'orge. Conseil d'administration des DOCK-SILOS Président : BERTRAND-CADI Robert Vice-Présidents : LIGNIER Eugène SAUNIER Pierre GUECHE Mohieddine Secrétaire-Trésorier : MAYER Marcel Administrateurs : BENYACOUB Mohammed, BEY-LAGOUN Abdelmajid, BORG François, BOSSUOT Georges, BRUN Etienne, COLONNA-CECCALDI, GIULIANO Edouard, JAUBERT Robert, MUNCK Charles, VERNEDE Henri
LES LABOURS
La "LABOURCOOP" avait pris naissance dans les années 1920, mais ce n'est qu'en 1945 qu'on vit apparaître "l'Union des coopératives de Labours", qui regroupait 10 coopératives de villages, et possédait ainsi des moyens suffisants pour acquérir du gros matériel thermique et l'entretenir. 10 chantiers de labourage ont pu alors se répartir chaque année dans la plaine de Bône et assurer tout le travail demandé par les agriculteurs pendant une période de 4 mois, 8 000 hectares étaient ainsi retournés et sous-solés par ce puissant matériel. Conseil d'administration des LABOURCOOP Président: LIGNIER Eugène Vice-Présidents : BENYACOUB Mohammed VERNEDE Henri Secrétaire : RIOLS Louis Trésorier : THOLANCE Jean Administrateurs : BENDJEDDOU Mohammed BERTRAND-CADI Robert BEY-LAGOUN Abdelmajid CALLEJA Bernard FABRi Georges GASNIER René GERMAIN Didier GIULIANO Edouard LANDRER Robert MUNCK Georges PELLARIN Armand POGGi Emile PREL Augustin VIRICEL Jean
LES CAVES COOPÉRATIVES
La 1ère fut implantée en 1905 à DUPLEIX dans le département d'Alger, et la région de BÔNE ne vit qu'en 1914, la naissance des caves coopératives de MORRIS et BLANDAN, logeant respectivement 38 000 et 20 000 hectolitres. Dès après la guerre, en moins de 10 ans, furent créées 8 caves coopératives nouvelles, d'une capacité de logement - LE TARF (en 1921) : 11 020 hl - RANDON (en 1922) : 31 440 hl - MONDOVI (en 1922) : 27 745 hl - BONE (en 1924) : 23 760 hl - DUZERVILLE (en 1925) : 8 000 hl - ZERIZER (en 1928) : 22 000 hl - MECHMECH (en 1931) : 20 000 hl -OUED FRARAH (en 1932) : 20 000 hl
La superficie totale du vignoble rattaché aux caves coopératives couvrait en 1953 : 2 512 ha sur les 9 800 qui constituaient l'ensemble de l'arrondissement de BÔNE. Tous les coopérateurs étaient affiliés à la Confédération générale des vignerons d'Algérie par l'intermédiaire de la Fédération départementale et des sections locales. Conseil d'administration des CAVES COOPÉRATIVES Présidents Blandan : RIOLS Désiré-Philippe Bône : SULTANA Michel Dazerville : POLYCARPE Henri Le Tarf : PECLAT-MAUNDER G. Mondovi : CARDENTI Marcel Morris : LACOUME François Oued-Frarah : BOSSUOT Georges Randon et Mechmech : VERNEDE Henri Zerizer : GIULIANO Edouard
Conseil d'administration des FÉDÉRATIONS DE VIGNERONS Président : PELLARIN Armand (Section d'Hippone) AdministrateursAUGER Francis BERTAGNA Roland BOSSUOT Georges BREYSSE Gilbert BRISSON Michel BRUCKER Marcel COUX Charles GERMAIN Didier GIACOBBi Maurice GIULIANO Edouard LACOUME François LATRILLE Jean PAVET Jean POLYCARPE Henri RIOLS Désiré ROVILLAIN René SULTANA Henri SULTANA Michel TUCCi Albert VERNEDE Henri
"L'OLEOCOOP"
En 1932, les oléiculteurs des régions de BÔNE, DUVIVIER et GUELMA se groupèrent à leur tour en coopéi tive, sous cette appellation. A cette époque, les huiles d'olives subissaient la loi d'une sévère concurrence venant de la Tunisie. Cependant, les huiles de GUELMA en particulier étant d'un goût très apprécié, il convenait par des coupages judicieux, de livrer toute une gamme de produits plus ou moins fruités répondant aux diverses exigences des consommateurs. Les installations de l'OLEOCOOP permirent donc traiter en une année normale, 300 000 k° d'huile. Une récol exceptionnelle atteint même une année, le chiffre record 600 000 k°. Conseil d'administration OLEOCOOP Président : MUNCK Charles Administrateurs : BOSSUOT Georges LA VIE Louis POGGI Emile SAUVAGE Henri
"L'AGRUMECOOP- FRIGECOOP"
Dans le domaine du stockage et de la commercialisation des agrumes, les coopérateurs bônois firent encore preuve d'initiative et de hardiesse. En effet, c'est en 1933 qu'ils décidèrent la constitution d'une coopérative destinée à échelonner les fruits et les légumes, à la demande de la consommation métropolitaine. Ils créèrent une usine dotée d'appareils de triage mécanique et de réfrigération des plus modernes. Mais son exploitation était trop en avance sur l'utilisation du "froid". La chaîne n'étant pas continue, l'AGRUMECOOP éprouva des difficultés de fonctionnement intégral. Pendant la guerre de 39-45 : les bâtiments furent occupés, de 1942 à 1945, par les troupes alliées qui apportèrent à l'installation intérieure des modifications et transformations, la rendant à peu près impropre à sa destination première. Le plein emploi ne sera repris que plus tard, lorsque la chaîne du froid entre l'Algérie - dont BONE - sera continue du producteur au consommateur. Conseil d'administration du Syndicat des agrumes Président d'honneur SEYTRE Marcel Président: TABONI Edgard Administrateurs de Bône et de Guelma BOSSUOT Georges BOUJOL Maurice GIACOBBi Maurice LATRILLE Jean LIGNIER Eugène MUNCK Charles PELLARIN Armand RISLER René SULTANA Michel
IMPORTANCE ou CHEPTEL DANS LA RÉGION EN 1954 BOVINS : 120 130 OVINS : 83.500 CAPRINS : 70 500
LE LAIT
La production laitière était fournie par 63 étables industrielles, groupant 1 850 vaches de race comtoise, assurant une consommation quotidienne de 14 000 litres. Le cheptel était renouvelé totalement par importation métropolitaine, tous les 3 ans. L'absence d'organisme assurant la collecte dans les campagnes, empêchaient les milieux ruraux de s'intéresser à une extension. La création des Ets BERTAGNA, à Bou-FARAH, marqua alors une étape importante dans cette évolution : 800 litres de lait réfrigéré purent être livrés quotidiennement.
L'ELEVAGE
Sur les 351 570 ha d'une région limitée par LA CALLE, LAMY, DUVIVIER, NECHMEYA, HERBILLON, l'élevage disposait de 75 000 ha de pâturages et parcours, et, sous cer taines conditions restrictives qui en limitaient considérablement l'utilisation, de 150 000 ha de forêts. La station expérimentale d'élevage fut crée par le service de l'hydraulique en 1953. ÉQUIDÉS7 900 ASINS : 4.900 MULETS : 6.500 PORCINS : 2.500
Conseil d'administration du SYNDICAT D'ELEVAGE Président: GERMAIN Didier Vice-Présidents : BEGHAIN Robert CAMILLERI Philippe GIULIANO Edouard Trésorier: BERTAGNA Jérôme Trésorier Adjoint : MUNCK Georges Administrateurs : BENYACOUB Abdelmajid BOUCHIE DE BELLE G. BRUCKER Marcel GIULIANO Georges HAMAMI Ahmed MAYER Marcel VERNEDE Henri
LE CRÉDIT AGRICOLE
Le 1er de ces organismes a été implanté à Bône, au lendemain de la promulgation de la loi organique du 8 juillet 1901, instituant des "Caisses Régionales de Crédit Agricole Mutuel" en Algérie. Conseil d'administration de la CAISSE REGIONALE DE BONE: Président: MUNCK Charles Vice-présidents : BENYACOUB Mohammed VERNEDE Henri Secrétaire : GIULIANO Edouard Trésorier : BEY-LAGOUN Abdelmajid Administrateur délégué : ARNAL Georges Administrateurs :ALBERTINI Antoine BENDJEDDOU Mohammed BERTRAND-CADI Robert BOUMAIZA Abdelmajid CHERIFI Chérif COUR Charles DENDEN Amor GUECHE Mohieddine LACOUME François LIGNIER Eugène MAYER Edouard OLLIVIER Auguste SAUNIER Pierre Commissaires aux comptes :COUTANT Charles MIR Maurice
CAISSE LOCALE DE BONE
Président : MUNCK Georges Vice-Président : VERNEDE Henri Secrétaire : SAUNIER Pierre BELDI Hasnaoui BENMERZOUGA Allaoua BENHAMANA Saddek BOUMAZA Youcef GIULIANO Edouard GUECHE Mohieddine LACOUME François LIGNIER Louis TEDDE Marc Commissaires aux comptes BEY-LAGOUN Abdelmajid MAYER René
CAISSE LOCALE DE L'EDOUGH
Président : BENYACOUB Mohammed Vice-Président : DENDEN Amor Secrétaire : ZERARI Salah Trésorier : SOLTANI Mohammed Administrateurs : BEY-LAGOUN Abdelmajid BOUKACHABIA M.T. DENDANI Mohammed OUANES Ali RHAMANI Bachagha SELLAMI Ahmed TAHRAOUI Mohammed TALAI Abdelhafid Commissaires aux comptes DENDEN Ahmed KHORICI Salah
Ces institutions régionales ont parfaitement répondu aux besoins exprimés et ont participé largement au développement de l'agriculture individuelle et coopérative, que ce soit dans le domaine des "avances" ou dans celui des "prêts", à moyen ou à long terme. Vice-Présidents
LA MUTUALITE AGRICOLE
La Caisse Régionale d'Assurances Mutuelles "BONE-ASSURANCES" fut créée en 1910 afin de couvrir les risques menaçant les agriculteurs : la grêle, l'incendie, la mortalité du bétail, de même que les attelages, les risques automobiles (qui commençaient à apparaître), les accidents de travail, etc... M. Edmond FILLACIER en fut l'un des Directeurs. Conseil d'administration de BONE-ASSURANCES Président : MUNCK Charles Vice-Président : BERTRAND-CADI Robert Trésorier : VERNEDE Henri Administrateurs : LANDRER Robert MAYER Marcel MUNCK Georges PARTIDA Antonin SAUNIER Pierre
COOPERATIVES DE PEUPLEMENT
C'est en se reportant aux années 1927 et 1928, que l'on peut comprendre la nécessité de la création de tels organismes. La population des centres de colonisation s'était accrue fortement au fur et à mesure de leur implantation et de leur réussite. Mais les fils d'agriculteurs arrivaient à leur tour en âge de s'établir, et le manque de terres les contraignait souvent à s'expatrier. Afin d'éviter cet exode, la Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel de BONE investit une partie importante de son capital et de ses réserves dans l'acquisition de lots de terres incultes et de domaines en partie délaissés. Ces exploitations furent mises en état et équipées de matériel neuf, des maisons d'habitation furent construites. Ces essais furent tentés en 1928 dans 2 régions différentes : à RANDON où 8 familles s'installèrent sur une propriété de 300 ha qui prit le nom de "Coopérative de MECHMECH" et à OUED-FRARAH où 5 familles se partagèrent une exploitation de 820 ha.
L'HABITAT
Tandis que les coopératives de peuplement oeuvraient dans les campagnes pour les agriculteurs, les employés de villes ne furent pas oubliés. L'Union Agricole de l'Est, mettant à profit les dispositions légales de la loi Loucheur a construit à BONE des habitations dites "à bon marché. C'est ainsi que dans la période 1930-1931, 2 sociétés furent créées "la MAISON-000P" et le "CREDIT IMMOBILIER". Des terrains furent achetés qui permirent la construction d'une centaine de villas, permettant à de nombreux employés des associations agricoles, de devenir propriétaires. L'une de ces "cités-jardins" domine SAINT-CLOUD-LESPLAGES. Par la suite, des immeubles furent édifiés sur le même système. On cite la copropriété "la LOGIscooP", et un immeuble près de la cité de l'AGRICULTURE. Le personnel des docks de MONDOVI ne fut pas oublié. Des villas ont été également construites, et une cité installée pour loger les employés et ouvriers de toutes confessions.
LA COOPERATION DANS LES OEUVRES SOCIALES
C'est la TABACOOP, la plus ancienne de toutes les sociétés coopératives qui a pris l'initiative des "oeuvres sociales" au profit de son personnel. Par la suite, ces réalisations se sont étendues à toutes les sociétés_ dépendant de l'Union Agricole de l'Est. Sources : Livre "La coopération agricole dans la région de Bône" édité par l'Union Agricole de l'Est Algérien en 1955.
Coopérative ouvrière : elle avait pour but de venir en aide au personnel des docks situés dans le périmètre d'HIPPONE et trop éloignés du centre-ville. Une cuisine modèle, des réfectoires spacieux et d'une propreté exemplaire, permettaient de servir chaque jour des repas copieux à un prix modique. Garderie d'enfants : elle avait été mise en place pour les enfants des femmes (musulmanes pour la plupart) qui travaillaient dans les manufactures de tabacs. Accueillis tous les matins par la Directrice et l'oeuvre, les enfants jusqu'à l'âge de 10 ans, sont lavés, soignés et habillés, reçoivent une nourriture saine et abondante, très lactée. Un dortoir et une salle de bains sont équipés d'une façon moderne. Des monitrices leur apprennent le français, tandis qu'un médecin les visite régulièrement. La sécurité et la prévoyance sociale : une caisse de secours au personnel a été organisée, alimentée par des cotisations de tous les groupements et sociétés de l'Union Agricole de l'Est. Cette caisse rembourse les soins médicaux et pharmaceutiques sur la base de 80 %. Ces avantages sont consentis également à l'épouse et aux enfants à la charge de l'employé. Des allocations spéciales sont prévues à l'occasion d'un mariage, d'une naissance ou d'un décès. Ils bénéficient de l'aide et des conseils d'une assistance sociale. Des visites pré et postnatales sont organisées. La clinique Sainte-Thérèse est édifiée par la "Sécurité agricole" et accueille tout le personnel. Enfin, les organisations agricoles se devaient également de garantir leurs agents permanents contre les risques accidents, invalidité, vieillesse (retraite) et décès. Elles ont donc souscrit leur affiliation auprès de la "Caisse Mutuelle d'Action Sociale" à Alger.
LES SYNDICATS AGRICOLES
La Maison de l'Agriculture a naturellement accueilli les syndicats spécialisés - La confédération générale de l'agriculture "C.G.A." - La Fédération des vignerons - Le Syndicat d'élevage de la région de Bône - Le Syndicat des producteurs d'agrumes.
Répartition des crédits de campagne aux Sociétés coopératives en 1954.
Sur 2 milliards de francs: Céréales : 28% Tabacs : 44% Coton : 17% Tomates : 10% Divers : 1%
Madiana DELAYE-LASTRAJOLI
Sources : Livre "La coopération agricole dans la région de Bône" édité par l'Union Agricole de l'Est Algérien en 1955. |
|
Aucun commentaire disponible
| | | | |
Aucun lien disponible
| |
Aucune musique disponible
|
|
|
|