A l’opposé d’Ain Fezza, la route de Sebdou conduisait aux forets de Zarifet et d’HAfir. Peu après Mansourah, on pénétrait dans la foret de Zarifet, foret de chênes-lièges, lieu de colonies de vacances, où enfants, nous nous gavions d’arbouses, nos « fraises » du pays. De là, nous apercevions le Col du Juif et le village berbère d’Ain Douz. En reprenant la route de Sebdou, au col, le plateau du village de Terni avec ses ormeaux, évoquait le souvenirs de camps scouts et de colonies de vacances. Ici plusieurs sources donnaient naissance à l’Oued Meffrouch tandis qu’au Sud le Djebel Nador refermait le plateau couvert de pierres rouges sous lesquelles scorpions loirs ou jaunes trouvaient abri. Au Nord-Ouest de Terni, on rejoignait la foret d’Hafir où collines et ravins étaient recouverts d’une végétation sauvage : oliviers, chênes, thuyas. Les sangliers y trouvaient cachette pour se mettre à l’abri du tir des chasseurs du dimanche. On disait même qu’il y avait des panthères !... La beauté des sites d’Ain Djadja l’avait fait choisir pour établir des colonies de vacances de Perrégaux, de la Police et des PTT. La merveille des environs était, bien entendu, le barrage des Béni Bahdel que l’on vit construire de 1934 à 1952. Cette année-là, un jour du mois d’août, « l’eau douce et pure coula dans les cuisines oranaises ». A l’origine, le barrage devait avoir une retenue d’eau avec un lac artificiel pour irriguer la région de Maghnia. Les travaux élevèrent deux digues et les voûtes du barrage proprement dit quand la guerre arrêta la construction. En 1938, la ville d’Oran réclama une part de l’adduction d’eau pour alimenter ses habitants en eau douce. Les travaux reprirent en 1946 et l’on vit pendant six ans, à travers toute l’Oranie, ces grands chantiers servant à enterrer les canalisations. Le coût total de cette opération fut de huit ou neuf milliards. Quant à l’usine, construite à coté du barrage, elle fournit de l’électricité à toute la région de Beni Snous. Près de la foret d’Hafir, était le pays des Azail et des Beni Snous. Les habitants étaient d’authentiques berbères répartis sur plusieurs villages : Tleta, Zahra, Beni Bahdel, Tafessra. Ce dernier, fut visité par Jean Léon l’Africain au XVI siècle. Qui se souvient des fameuses pêches des Beni Snous, petites et fermes, pêches de vignes dit-on en France, que l’on pouvait acheter aux fellahs sur le bord de la route entre Tlemcen et Turenne ?
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