-La ville possède divers immeubles importants -l'Hôtel de ville, élevé de deux étages avec une façade en pierre de taille sculptée et qui abrite la Justice de Paix, le Greffe et le Commissariat. L'église, dont les grosses œuvres sont également en pierre de taille, construction terminée depuis sept ans seulement et qui fait un bel effet sur la place Thiers. Deux halles en fer rendent au commerce de signalés services ; celle du haut de la ville est fréquentée par les maraîchers, celle du bas beaucoup plus grandiose, est le rendez-vous des colons et des indigènes qui y écoulent leurs produits, surtout le dimanche, jour de marché. Dans les dessous de cette dernière ont été aménagés dix vastes magasins toujours loués. Le produit de ces halles, des marchés et de l'abattoir sont pour la ville, une source de beaux revenus. Son budget, tant primitif que supplémentaire se chiffre par un total de 170.000 francs. Quatre groupes d'écoles sont fréquentées par 415 élèves tant de la ville que de la banlieue. Toutes ces constructions sont vastes et bien comprises avec un matériel ad-hoc. Lorsqu'on entre en ville par la porte du nord ou d'Alger, on est agréablement impressionné par la vue de deux belles constructions : à droite, l'école indigène ou Medersa ; à gauche, la Mosquée ou Djemaa, toutes deux d'un élégant style mauresque. Au centre de la ville, la place Thiers avec sa colonne supportant le buste de la République flanqué à droite et à gauche de beaux bâtiments et à l'ouest par le gracieux square Carnot éclairé au gaz entouré d'un socle en maçonnerie surmonté d'une grille et dont le centre est occupé par un bassin en pierres de taille avec jet d'eau. C'est pour la population un lieu attrayant où l'on vient respirer un air plus frais dû aux nombreuses variétés d'arbres qui y produisent un ombrage recherché. En été les comités y donnent leurs fêtes. Toutes ces constructions ont coûté à la ville environ 550.000 francs sans compter les conduites d'eau qui reviennent énormément cher tant d'établissement que d'entretien. L'hôtel des Postes, la Gendarmerie, la Prison civile et bon nombre de constructions particulières, aident un bel aspect de notre petite cité. Formant une ligne de démarcation entre les constructions civiles et militaires, s'étend l'Esplanade d'Isly, qui est divisée en deux places. (La ville) a, à peu près, la forme d'un vaste rectangle partagé en deux par la voie principale, Rue Grande. Parallèlement à cette voie, à l'est la rue des Zouaves, à l'ouest la rue de l'Hôpital. Un chemin contourne les fortifications intérieurement. Plusieurs rues transversales coupent à égale distance ce rectangle jusqu'aux murs d'enceinte. Plusieurs rues et places portent en commémoration des noms anciens : rue Juba et rue Cléopâtre (anciens roi et reine de Mauritanie), rue Narses et Bélisaire, tous deux généraux en Afrique, sous Justinien 1er, l'an 565 ap. J.C., la rue Combes, celle des Zouaves, celle des chasseurs, la place Denfert-Rochereau, la Place Thiers et enfin l'Esplanade d'Isly, rappellent les gloires de notre chère patrie. Le commerce et l'industrie sont largement représentés dans toutes leurs branches, on trouve facilement à s'y approvisionner. Les services de transport entre Alger, Aumale et Bou-Sâada sont nombreux et assurent quotidiennement le service des dépêches et des voyageurs : -d'Alger à Aumale, par Tablat, 125 km ; de Bou-Sâada à Aumale : 125 km ; d'Aumale à Alger par Bouira : 170 km ; d'Aumale à Berrouaghia par Masqueray : 88 km 300. Il reste trois ouvrages d'art à terminer pour que cette dernière route devienne carrossable de bout en bout. Le service du camionnage est également assuré d'une façon sérieuse. Les administrations sont nombreuses : Mairie, Police, Justice de Paix et Greffe, Prison Civile, Gendarmerie, Sapeurs-Pompiers, Contributions Directes, Ponts & Chaussée et Voirie Départementale, Postes, Justice Musulmane, ainsi que Médecins civils et Vétérinaire et Ministres des Cultes catholique, musulman et israélite. Nous possédons également une succursale du Crédit Foncier et une de la Compagnie Algérienne, un correspondant du Crédit Agricole Commercial et Industriel Algérien et de la Banque d'Algérie. Une infirmerie indigène est installée à Aumale dans les locaux transformés de l'ancienne Mosquée. La Pépinière, cédée par la commune de plein exercice, est entretenue avec un soin tout particulier. L'ensemble de la ville et de ses environs, vu des hauteurs voisines, donne surtout l'été, une agréable impression de verdure. Aux environs les promenades étant assez rares, la Cascade, la Pépinière, la Fontaine du Docteur (ancien bivouac de troupes pendant l'été), sont des environs agréables et recherchés. L'eau est assez rare, la perforation d'un puits artésien serait coûteuse, mais comblerait certainement une lacune qui est pour la ville, en cas d'insurrection, une question vitale, et dès maintenant une nécessité et une question d'hygiène. En tant que garnison, Aumale, il y a vingt ans seulement comptait un bataillon d'infanterie (zouaves, tirailleurs, infanterie de ligne), 2 escadrons de cavalerie (spahis ou chasseurs d'Afrique), une section d'artillerie, et était le siège depuis plus de quarante ans de la portion centrale de la 4ème compagnie de discipline. Peul à peu, le calme qui règne en Kabylie et dans le Sud, a fait diminuer l'effectif de la garnison, le bataillon d'infanterie fut pendant longtemps remplacé par une compagnie du 2ème bataillon d'Afrique qui, elle-même a été retirée.
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